En bref : chez beaucoup de personnes en bonne santé, le passage de l’air varie spontanément d’une narine à l’autre. C’est le cycle nasal. Vous le remarquez parfois surtout en cas de rhume ou lorsque vous dormez sur le côté. En revanche, une narine durablement bouchée, notamment avec des saignements ou d’autres symptômes, mérite un avis médical.
Qu’est-ce qui change dans le nez ?
Les cornets nasaux sont recouverts d’une muqueuse riche en vaisseaux sanguins. Ce tissu peut gonfler un peu d’un côté pendant que l’autre côté se libère. L’air emprunte alors plus facilement le passage le plus large. Une narine ne s’éteint pas pendant que l’autre fonctionne : les deux laissent généralement passer de l’air, mais pas toujours dans la même proportion.
Vous ne sentez d’ailleurs pas forcément ce que les instruments enregistrent. Une petite variation passe inaperçue, puis devient gênante en cas de rhume ou d’allergie. Pour comprendre ce phénomène, les chercheurs mesurent donc le débit d’air de chaque côté, au lieu de se fier uniquement à la sensation des participants.
Que montrent les expériences ?
Une étude a enregistré séparément le débit d’air des deux narines chez 33 adultes en bonne santé pendant 24 heures. Le côté dominant changeait au fil du temps. Les phases étaient en moyenne plus courtes à l’état de veille que pendant le sommeil. Lorsque les participants étaient couchés sur un côté, la narine située au-dessus laissait plus souvent passer davantage d’air. La position du corps s’ajoute donc au rythme propre du nez.
Dans une autre étude, 20 personnes en bonne santé ont été suivies pendant environ une journée, avec mesure du débit et de leur position. Pendant l’éveil, seule la moitié présentait le schéma classique d’alternance; celui-ci était plus fréquent pendant le sommeil. La durée des cycles variait beaucoup. Il n’existe pas de minuteur universel qui ferait changer de narine toutes les deux heures.
Une troisième équipe a mesuré la résistance nasale chez 30 personnes lors de deux journées distinctes. Les deux côtés variaient parfois en sens inverse, mais parfois aussi ensemble. La sensation d’un jour ne prédit donc pas exactement celle du lendemain.
Quand faut-il s’inquiéter ?
Une narine temporairement moins dégagée, puis l’autre, sans autre symptôme, peut correspondre au cycle nasal. Mais un rhume, une allergie, une irritation ou une autre affection peuvent aussi donner une impression de nez bouché. Les études citées portaient surtout sur des volontaires sains : elles ne permettent pas d’établir votre diagnostic.
Que pouvez-vous faire ?
Notez si le côté gêné change, depuis combien de temps cela dure et quels autres symptômes sont présents. Une solution saline peut aider à évacuer le mucus ou à humidifier le nez; la notice du produit choisi reste importante. Un spray décongestionnant n’est pas un simple spray salin et ne doit pas être utilisé longtemps de votre propre initiative. Votre pharmacien peut vous aider à choisir une approche adaptée.
Sources
- Kahana-Zweig et coll., mesures chez 33 adultes sains.
- Rohrmeier et coll., mesures sur 24 heures.
- Eccles et coll., résistance nasale sur deux journées.
- NHS, signes justifiant une évaluation.
- NHS England, obstruction persistante d’un seul côté comme motif d’évaluation.
- Gezondheid en Wetenschap, nez bouché et symptômes d’un seul côté.
